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Je ne dis toujours rien.

 

Tu déposes des baisers sur le creux de mes reins, remontes le long de ma colonne vertébrale, t'arrêtes sur mes épaules et termines dans la nuque. Puis tu t'allonges contre mon dos. Le temps s'arrête. Tu bascules sur le tien. Je me retourne, te fais face. Je te regarde sans un mot, ouvrant mon visage d'un sourire en demi-teinte. J'embrasse le tien, descend dans ton cou. Baisse mes yeux, mon visage. Pose mon front sur le haut de ton torse et reste ainsi un moment. Les mains posées sur tes bras ; aux aguets.

 

Tu ne dis rien.

 

Demeures immobile sans être rigide. Songeur. Absent ? Je me redresse cherchant ton regard. Espérant un geste, un mot. Tu fixes le plafond. Je mendie de mes lèvres, mordille le bord inférieur gauche de ta bouche. Te prie encore des yeux, puis te demande, presque timidement : « ça va ? »

 

Là, tes paupières, tes sourcils se soulèvent vers moi, laissant passer un éclair noir. Tu te redresses brusquement sur l'avant-bras et j'ai un mouvement de recul, me tasse un peu, tente de me faire plus petite que je ne suis déjà. J'ai du mal à te reconnaître. Tu me fais peur, un peu. J'ai un nouveau geste d'éloignement, tu m'attrapes juste au-dessus des poignets.

 

Tout cela sans une parole. Nos corps parlent pour nous. Tu m'attires vers toi, me transperce de ton regard tandis que je tente de l'éviter.

 

« Regarde moi ! » ordonnes-tu . Mais c'est trop dur. mes yeux s'enfuient malgré moi. Ma tête se baisse un peu, partant de droite à gauche, esquivant. « Regarde moi ! » Lances-tu une seconde fois, encore plus fort. Je n'y arrive pas plus de l'espace d'une fraction de seconde : « Non, s'il te plait arrête. Je ne peux pas. Je n'y arrive pas. Je l'fais pas exprès. J'te jure ! ».

 

Dubitatif, tu secoues la tête : « Je vais te faire mal. Vas t'en. »

  - M'en aller ? Qu'est-ce que tu racontes ? C'est hors de question ! Je ferai ce que tu veux... J'ai confiance en toi. Je me colle contre toi, implorante, glisse ses mains sur ton ventre...

 

Tu me repousses :



  - Mais t'es pas vraie, toi ! Arrête d'être ainsi. Ce que je veux, c'est que tu partes. Je t'ai dit que je vais te faire mal. Je ne suis pas comme ça, je suis doux. Y'a pas plus doux que moi... Tu me transformes et j'aime pas ça !



  - Je sais que tu es doux. Détend-toi. Embrasse-moi. Je m'approche, caline : « Tout va bien. Je t'ai dit que je te fais confiance. »



  - Je ne veux pas t'obliger à faire quoi que ce soit. Et tu te raidis à la moindre demande.



  - Ne te préoccupes pas de ça. Je te l'ai dit. Je veux faire ce que tu veux. Laisse toi donc aller. S'il te plait...

 

  - Bien reprenons : d'abord, tu ne jures plus comme tu l'as fait tout à l'heure. C'est du blaphème... Et puisque je suis dieu...  




Je ris, aquiesce, tenterais bien un petit crime de lèse-majesté, juste pour voir.




   - Et maintenant, petite, tu vas enfin me dire ce que tu aimerais que je fasse. C'est un ordre !


   - Et où as-tu vu que j'obéissais aux ordres ? Je ne fais que ce que je veux quand je veux, dis-je en riant...


  - Ce coup-ci, ça va aller mal ! Je commence à en avoir assez. Je t'avais dit de partir...



Tu me renverses sur toi, me fesses à nouveau, plus fort que le premier coup. Encore une fois, je me débat, sans un cri. Et ta rage augmente.



  - J'ai pensé à toi en venant ici. J'ai acheté quelque chose. Je ne pensais pas m'en servir. Sans lacher mon poignet, tu tends l'autre bras vers l'intérieur de ta veste...  



Tu en sors des menottes. Je ferme les yeux, me liquéfie de l'intérieur. Je prends peur. Que faire ? Te prier, te dire que c'est inutile ? J'ai tout fait pour en arriver là... ma respiration s'accélère.



De toutes façons, tu ne m'écouterais plus. Tu passes un anneau, m'entraine vers le montant du lit, glisses la petite chaine derrière et attaches le second. Normalement je me défendrait, juste pour le plaisir de t'énerver un peu plus. Mais là, je n'ose pas. Nous pourrions rire tous les deux, mais ce n'est pas le cas.  



Tu sembles en colère et j'angoisse...

 

 



 
Lun 6 oct 2008 1 commentaire
Et vous me dirait encore une fois qu'elle n'est pas soumise hein ? ... Non elle ne l'est pas pas en effet, vous avez raison... elle le devient peu à peu... ... Est-il réellement en colère ? Joue-t-il la colère ? Ne serait point une colère vers lui-même ? Parce qu'il va trop loin ou pas assez ? Bises. Zeus.
Zeus - le 06/10/2008 à 20h38
Je confirme : elle ne l'est pas.

Elle ne fait que jouer la soumission, pour son propre plaisir. Elle ne fera que ce qu'elle voudra bien et ne risque rien avec lui.

Il ne fera que l'aider à s'accepter, tout comme elle lui permettra de s'assumer.

Bien que... Il pourrait réussir à obtenir d'elle à peu près tout ce qu'il voudrait. Mais veut-il seulement une chose qu'elle ne veuille pas déjà, avec lui ?

bises

Mina-lucy
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